Abstract: Les collectifs et associations militantes décrivent l’endométriose comme une maladie largement méconnue, tant du grand public que par les professionnel-les de santé. S’appuyant sur un terrain qualitatif composé principalement d’entretiens avec des personnes atteintes et d’une ethnographie hospitalière menée dans un centre spécialisé, cette thèse interroge la manière dont la prise en charge de l’endométriose inclut ou exclut certaines expériences, certains symptômes et certaines catégories sociales, participant ainsi à la production et à la reproduction de formes d’ignorance. En examinant les rapports sociaux de genre, de classe, de race ainsi que les identifications sexuelles, ce travail met en lumière la façon dont les trajectoires diagnostiques et thérapeutiques se différencient et se structurent selon ces dimensions. Dans l’ensemble, la thèse analyse comment les recherches, les théories et les pratiques médicales contribuent à construire des expériences et des catégories sociales, tout en s’attachant à mettre en évidence l’altérité sur laquelle reposent les traitements inégaux en santé.La thèse se structure en quatre chapitres. Le premier étudie les trajectoires pré-diagnostiques et discute comment la classe sociale intervient dans l’expérience vécue de la maladie ainsi que dans les ressources mobilisées pour accéder à un diagnostic médical. En outre, je montre comment les douleurs menstruelles, connues de l’entourage et des professionnel-les de santé, participent paradoxalement à l’errance diagnostique. Le deuxième chapitre analyse les outils d’objectivation développés par la médecine et, plus spécifiquement, la construction de théories racialisantes autour de l’endométriose, ainsi que les stratégies déployées pour maintenir l’autorité médicale face à l’émergence d’une nouvelle technologie susceptible de l’amoindrir. Le troisième chapitre examine la manière dont le travail procréatif détermine les trajectoires des malades, en les incluant ou en les excluant de certains soins. J’y montre ainsi comment le ...
No Comments.